Des informations ou désinformation ?

L’édition du Bien Public en date du 1er mars 2018 nous a gratifiés, une fois de plus, d’un article tout à la gloire du projet de parc d’attractions Vintage Bel Air. Cette fois ci, l’argument de ce qu’il faut bien appeler de la publicité déguisée, est un évènement pleinement d’actualité puisqu’il s’agit du festival organisé par les promoteurs du parc et qui aura lieu les… 29 et 30 juin au château de Vignoles près de Beaune.

Ainsi, peut-on lire dans ce papier non signé d’une demie-page « Vintage Bel Air sera un parc touristique d’un genre nouveau qui ouvrira ses portes sur le site de Bel Air, à La Rochepot, le long de l’ex-Nationale 6 » suivi d’une description tout droit issue de la très luxueuse brochure publicitaire distribuée actuellement dans divers salons.

La mention « publireportage » ne figurant pas en marge du texte, on peut supposer qu’il a été rédigé par une personne se prétendant journaliste et approuvé par quelqu’un se prétendant rédacteur en chef. Pourtant, la déontologie journalistique qui sied à tout organe de presse digne de ce nom voudrait (du moins en théorie) que l’on vérifie au moins un minimum les informations publiées dans ce qui est supposé être un quotidien d’information.

Ainsi, si ce prétendu journaliste avait fait un travail de vérification tout ce qu’il y a de plus basique, il aurait découvert que le projet de PLU de la commune de La Rochepot n’avait toujours pas été validé par l’Autorité Environnementale et que, de fait, le terrain où est supposé être construit ce parc d’attractions n’est toujours pas, à l’heure actuelle, constructible. On est encore très très loin de l’obtention du permis de construire, surtout si des opposants au projet font appel de la décision devant le Tribunal Administratif…

Certes, en juin dernier, les délégués de la Communauté d’Agglomération Beaune Côte et Sud ont voté à une très large majorité (pour ne pas dire avec un score quasi stalinien) un vœu de soutien à ce projet dont le seul but était clairement d’exercer une pression politique sur les services de l’État, pour autant, et n’en déplaise à certains, l’Administration n’est pas aux ordres de quelques barons locaux. Elle applique des lois et des textes réglementaires et si ce projet n’est pas conforme, il sera rejeté. Dura lex, sed lex.

L’autre approximation notable concerne la légende de la photo d’illustration : « sous une pluie battante, un millier de personnes avait assisté, en juin 2016, au dévoilement de la première borne du projet Vintage Bel Air ». Un millier de personnes ? Vraiment ? Et selon la police ? Là encore, une petite recherche internet permet de trouver quantité de photos qui prouvent que ce chiffre est très largement exagéré pour ne pas dire sans aucun rapport avec la réalité. Pour la petite histoire, cette fameuse cérémonie de la première borne à eu lieu le second samedi du mois, comme par hasard, le même jour que le rassemblement des membres de l’association AOC à la Station de Bel-Air située à quelques centaines de mètres de là et dont les membres avaient, pour les besoins de la photo, été priés d’aller assister aux discours des promoteurs. Les connaisseurs des lieux n’auront d’ailleurs sans doute aucun mal à reconnaître sur certaines photos servant à illustrer l’évènement la Station de Bel-Air ou les bâtiments voisins qui prouvent sans conteste la manipulation par l’image.

Malheureusement, le Bien Public n’en est pas à son coup d’essai. Déjà le 7 août 2017, un article était publié avec le titre : « Dès 2007, l’Auberge du Pont de Paris misait sur le projet Vintage Bel Air » ce qui relève du prodige quand on sait que le projet a été lancé par le président de la CABCS en… 2014 comme le prouve cet article des Echos du 22 avril 2015 et que la création de la société Vintage Bel Air SAS remonte au 17 juillet 2014, là encore une information facile à vérifier.

De même, le 13 avril 2016, le même Bien Public titrait à l’occasion du lancement de la campagne de financement participatif « Le parc Vintage Bel Air verra le jour l’année prochaine » ce qui s’est révélé totalement faux comme chacun (surtout les investisseurs…) a pu le constater.

Alors, le Bien Public, organe de propagande, brochure publicitaire ou fournisseur officiel en « fake news » comme on dit maintenant ? Une chose est sûre, il ne s’agit de toute évidence pas d’un quotidien de nature à fournir une information objective à ses lecteurs. Une telle constance dans l’approximation ne relève plus de l’amateurisme mais du mensonge délibéré. Reste à savoir dans quel but et au profit de qui.


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s