L’anthyllide des montagnes, petite princesse des pelouses rocheuses

 

L’anthyllide des montagnes (anthyllis montana) est une plante des montagnes du Sud de l’Europe, Alpes et Pyrénées surtout, mais aussi les Causses, les Cévennes et jusque dans les montagnes du Maghreb. Elle pousse en touffes rases dans les rochers et  les terrains herbeux des montagnes calcaires. C’est une plante de plein soleil qui apprécie les terrains pauvres et secs. Là où elle se plait, en terrain clair et dégagé de tous arbustes, l’anthyllide des montages forme des essaims qui gazonnent sur les pelouses rocailleuses jusqu’à 1500 à 1600 mètres d’altitude.

La plante à sa base est couchée et ligneuse comme pour mieux résister au vent d’altitude et à la sécheresse. Ses fleurs de couleur rose à rouge à pleine maturité, s’épanouissent au sommet de tiges de 10 à 20 cm en jolies têtes terminales, en dégageant un parfum de framboises.  Ses feuilles sont vertes claires et velues, finement découpées en 8 à 15 paires de folioles égales.

En Bourgogne, l’anthyllide des Montagnes est rare, victime de la fermeture des milieux herbacés, de l’installation d’espèces arbustives, et du piétinement. Quelques populations isolées subsistent sur les hauteurs des plateaux calcaires encore préservés. La plante est protégée et inscrite sur la liste des espèces déterminantes de l’inventaire ZNIEFF (1).

ZNIEFF (1) Zones Naturelles d’intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique.
Les ZNIEFF ont pour objectif la connaissance permanente aussi exhaustive que possible des espaces naturels, terrestres et marins, dont l’intérêt repose soit sur l’équilibre et la richesse de l’écosystème soit sur la présence d’espèces de plantes rares et menacées.

L’oiseau des steppes

Oedicneme vol

S’il est un oiseau symbolique de notre plateau calcaire c’est bien l’œdicnème criard. Sa description est presque aussi étrange que son nom : de la taille d’un pigeon, un plumage gris-brun pour le camouflage dans l’herbe sèche ou sur la terre nue, de longues pattes jaunes pour courir dans la végétation rase, un bec puissant et deux énormes yeux jaunes, eux aussi, qui semblent disproportionnés.

Ce limicole recherche les vastes Oecnideme criardétendues dégagées où il peut repérer les prédateurs à distance.  A l’approche de ces derniers, notre oiseau peut appliquer deux stratégies différentes. Soit il s’enfuit en courant ce qui a pour effet d’attirer le prédateur loin de la nichée. Soit il se plaque au sol pour se fondre totalement dans le paysage.

De mœurs crépusculaires, notre oiseau repère à la vue (d’où la taille importante des yeux) et au bruit ses proies sur lesquelles il se précipite à grandes enjambées. Ce mode de chasse nécessite silence et pénombre, deux éléments qu’il trouve, là encore, sur ce plateau semi-désertique.

Ce migrateur revient de ses quartiers d’hiver en mars. La première ponte a généralement lieu en avril et il est courant qu’elle soit suivie d’une seconde ponte au début de l’été. Courant septembre, il arrive que le couple local soit rejoint par d’autres individus venus d’ailleurs. Le départ sera dicté par la disparition des proies, en octobre.

S’il existait encore une dizaine de couples il y a trente ans dans le secteur de Nolay, la population actuelle n’est plus que d’un ou deux couples. La raison principale de cette baisse des effectifs tient à la modification de l’usage agricole. Les « chaumes » qu’ils affectionnent n’offrent que peu de rendement pour les agriculteurs et sont, de fait, souvent abandonnées se transformant ainsi en friches. Beaucoup ont d’ailleurs été reconverties par les municipalités en bois de résineux. Les zones de cultures présentent aussi moins d’intérêt pour l’oiseau du fait de la multiplication depuis quelques années des champs de colza.

L’avenir de cette espèce dans notre région passe donc par la préservation des dernières prairies calcaires typiques de l’arrière-côte. C’est pour protéger, entre autres, notre « courlis de terre » comme on le surnomme couramment dans la région, que la zone Natura  2000 Arrière côte de Dijon et de Beaune (FR 2612001 pour les intimes) a été mise en place.

Oedicneme champs

Le loup de Bel-Air

Le loup de Bel AirIl faut reconnaître que la réhabilitation du hameau de Bel-Air, dont la traversée pouvait pousser au suicide n’importe quel routier dépressif, est plutôt une bonne idée. La station rénovée tranche agréablement dans cet alignement de bâtiments délabrés et l’association AOC redonne vie à ce haut lieu (à tous les sens du terme) de l’automobile évoqué par Ricet Barrier dans sa chanson « les tractions avant« .

Mais à côté de cette réhabilitation des lieux, il y a un projet qui soulève quelques interrogations : Vintage Bel-Air. Un parc de loisirs qui s’étendra sur 29 hectares, voire plus avec le parking. Lancé à grand renfort de communiqués de presse en 2014 (y compris dans la presse économique nationale) ce projet pharaonique à 9 millions d’euros paraît des plus flous. Et comme disait la grand-mère du Petit Chaperon Rouge, « Quand c’est flou, y a un loup ».

On nous dit que ce site accueillera un centre de formation d’apprentis. S’il est indéniable qu’il faut du personnel qualifié pour entretenir et surtout restaurer les voitures anciennes et de collection, quels sont les besoins réels de la filière sachant que la plupart des passionnés bichonnent eux mêmes leur monture ? Ensuite, comment ces apprentis rejoindront-ils leur centre de formation au milieu de nulle part ? Où seront-ils logés sachant qu’il n’est pas prévu, pour l’instant, de lieu d’hébergement ? La communauté d’agglomération, qui soutient le projet, a-t-elle l’intention de mettre en place des liaisons par bus scolaires alors qu’elle refuse depuis des années la desserte de certains hameaux?

Oecnideme criardOn nous dit que ce projet est respectueux de l’environnement. Pourtant, il va faire disparaitre 29 hectares de prairies calcaires dans une zone Natura 2000 qui vise justement à protéger ce genre de milieux et ce, dans un endroit (le plateau de Bel-Air) dont l’intérêt ornithologique avait fait l’objet d’un article sur le site internet spécialisé ornithomedia en mars 2009. Un plateau qui accueille régulièrement des espèces rares, voire très rares.

On nous dit que la « loi sur l’eau » sera respectée mais comment seront traitées les eaux usées des 60 000 visiteurs attendus ? La Communauté d’agglomération a-t-elle l’intention de financer un réseau de tout-à-l’égout et un assainissement collectif pour la commune de La Rochepot alors qu’elle le refuse à d’autres communes depuis 10 ans ? Par un bassin de lagunage sur le site, au milieu des touristes et au-dessus du réseau karstique qui alimente en eau le site du Bout du Monde et la vallée de la Cozanne ?

On nous dit que ce parc de loisirs attirera 60 000 visiteurs par an. Avec une telle fréquentation ce parc serait le 4ème site touristique de Côte d’Or mais d’où sort ce chiffre? Les amateurs de vins à la recherche d’authenticité et de tradition qui visitent nos caves vont-ils se précipiter là-haut pour revivre les glorieuses années de l’automobile (et ses bouchons) ?

Projet ParcLes visiteurs des Hospices de Beaune, ce joyau de l’architecture médiévale, vont-ils se ruer sur ce monument à la gloire du kitch ? Les touristes étrangers qui fréquentent la région pour son calme et la beauté des paysages seront-ils séduits par une reconstitution de Nationale 6 bordée de platanes et sapins rachitiques ? Les passionnés de voitures, ancienne ou non, qui sillonnent nos routes à la belle saison seront-ils seulement intéressés par ce projet qui, somme toute, ne leur apporte rien de plus que ce qu’ils ont déjà ? Et ce projet aura-t-il un réel impact positif sur notre économie ou, au contraire, ne risque-t-il pas de mettre à mal une de nos ressources économiques : le tourisme vert ?

On nous dit que ce sera favorable à l’économie locale et générera 50 emplois « locaux ». Qu’elle est leur définition de l’emploi « local » ? Comptent-ils pratiquer une discrimination à l’embauche en ne sélectionnant que des candidats issus des villages voisins ce qui est illégal ? Ce chiffre de 50 emplois est-il seulement réaliste lorsqu’on sait que 50 smicards à temps plein coûtent environ 960 000 euros soit 16 euros par visiteur attendu ? Cet argument n’est-il pas présenté dans le seul but d’emporter l’adhésion de la population locale, les promesses n’engageant que ceux qui les croient ?

On nous dit que ce projet est soutenu par de nombreux entrepreneurs locaux. Certains de ses patrons n’ont-ils pas un intérêt immédiat à soutenir le projet sachant que, par ailleurs, leurs entreprises  ont toutes les chances d’obtenir les marchés de construction passés de gré à gré avec à la clé un bénéfice bien supérieur à leur investissement dans le projet ?

Enfin, on nous dit que ce projet est financé par des fonds privés mais la Caisse des Dépôts et Consignations est régulièrement citée. A quelle hauteur  se monte la participation de cet organisme public ?

Les promoteurs de Vintage Bel-Air aiment à se décrire comme des marchands de rêve. Espérons que ça ne tourne pas au cauchemar et que le réveil ne soit pas trop difficile pour la population locale.

Un patrimoine naturel d’intérêt européen Natura 2000 Oiseaux

Carmen - N2000 Directive Oiseaux (zoom)
ZPS Arrière Côte de Dijon et de Beaune  – zoom sur la Vallée de la Cosanne et ses environs                                                                                                                             Carmen cartographie

 

Natura 2000 ZPS Arrière Côte de Dijon et de Beaune - extrait1NATURA 2000 ZPS Arrière Côte extrait 2Lien: DREAL Bourgogne – les sites Natura 2000

La dentaire pennée, à l’ombre des grands hêtres

 

La dentaire pennée tapisse en ce moment la forêt hêtraie-chênaie du Bout du Monde, côté ubac au plus frais. Avec ses gracieuses fleurs blanches-rosées perchées sur ses hautes tiges de 50 cm environ, et ses feuilles à sept folioles, c’est une fleur caractéristique du site que l’on admire à l’ombre des grands arbres.

Plante vivace de la famille des brassicacées (crucifères), elle vit presque toujours dans les hêtraies préservées et le plus souvent en montagne de 300 à 1600 mètres d’altitude.

En Bourgogne, elle est rare. Ses populations, inféodées aux forêts froides de ravin, sont fragiles. La plante est déterminante pour l’inventaire ZNIEFF (1).

La dentaire pennée est assez caractéristique et localisée pour n’être confondue avec aucune autre espèce. La cardamine des prés, sa cousine, fleurit au même moment dans les prairies humides et ensoleillées de la vallée. Bien plus commune, la cardamine des près est de couleur rose et blanche, elle fait le bonheur des premiers papillons du printemps: aurore, piéride du navet ou piéride du choux, dont elle est la plante-hôte.

ZNIEFF (1) Zones Naturelles d’intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique.

Les ZNIEFF ont pour objectif la connaissance permanente aussi exhaustive que possible des espaces naturels, terrestres et marins, dont l’intérêt repose soit sur l’équilibre et la richesse de l’écosystème soit sur la présence d’espèces de plantes rares et menacées.

Randonneurs, randonneuses… à vos JMB!

Randonneurs - cirque du Bout du Monde

Le printemps est là et les nombreux sentiers de randonnée dans la Vallée offrent une multitude de possibilités aux amateurs de grand air et de nature. Marcheurs du week end ou randonneurs chevronnés, en sortie en famille le dimanche ou à la recherche de l’exploit sportif, il y en a pour tous les goûts !

Notre région attire beaucoup de randonneurs attirés par la beauté des lieux, et une Nature authentique et préservée.  Les visiteurs reviennent fidèlement tous les ans parcourir les sentiers le week-end ou en vacançes : la Vallée de la Cosanne, le cirque du Bout du Monde, les sentiers qui serpentent entre falaises et prairies des environs… Marcheurs et amoureux de la région font vivre une activité de « Tourisme vert » très présente dans la Vallée et respectueuse de son environnement. Ils trouveront de nombreux gîtes pour les accueillir dans la Vallée, à Nolay, Cormot-Vauchignon ou les villages alentours… Bienvenue !

L’orientation peut parfois poser question devant certains panneaux… JMB (à droite) ou JMB (à gauche) ?

Sentiers de randonnées

Le sentier JMB ou Jean-Marc Boivin est une magnifique boucle de 50 kilomètres et 1500 mètres de dénivellé en montée. Au départ de Nolay, le sentier vous emmènera à la découverte des paysages multiples de la Vallée et de ses environs, entre falaises, forêts, combes, prairies et vignes. A chacun son rythme et ses efforts pour le parcourir, sur toute sa longueur pour les plus sportifs ou pour partie de son circuit.

Carte: promenades en pays Beaunois – Sentier Jean-Marc Boivin » sur fonds carthographique au 1/25000ème éditée par le Syndicat Touristique Intercommunal du Pays Beaunois.

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JMB, c’est Jean-Marc Boivin, un grand bonhomme et un « aventurier des temps modernes ». D’origine dijonnaise, il a fait ses premières armes en grimpant les falaises de la région, les falaises de Cormot en particulier qu’il aimait pour son beau calcaire et la difficulté de ses dièdres et cheminées façon alpine. Jean-Marc Boivin a inspiré la dernière génération d’alpinistes; touche à tout, il a ouvert de nouvelles pratiques sportives. Un mélange de gentillesse et de chaleur humaine, l’esprit curieux et un physique de compétiteur, il a ouvert l’aventure sportive dans toute sa diversité et ses extrêmes, et repoussé les limites du possible.

Partons sur ses pas, chacun à sa mesure …

L’anémone pulsatille, au soleil des plateaux calcaires

 

L’anémone Pulsatille est l’une des premières fleurs à s’ouvrir au printemps au moindre rayon de soleil.  La plante est typique des plateaux et pelouses sur calcaire, de préférence sur les versants ensoleillés et plutôt secs. Elle ne va pas tarder à éclairer les pelouses sauvages encore préservées dans notre région, avec sa belle robe de couleur rose-violet, et ses tiges à l’aspect duveteux.

Sa fleur est composée de 6 sépales d’un violet profond à l’intérieur, et plus pâles à l’extérieur, recouverts de poils blancs. Après la floraison, la plante reste très gracieuse avec ses fruits en forme d’aigrettes velues, qui s’agitent au moindre coup de vent. Le duvet des graines sera ainsi disséminé par le  vent. C’est d’ailleurs de là que vient son nom : anémone du grec « anemos », le vent, et « pulsatilla » dérivé du verbe latin, battre.

De la famille des renonculacées,  l’anémone est très toxique en cas d’ingestion.

C’est une espèce sensible que l’on observe souvent dans des sites protégés à l’échelle nationale ou européenne.  Elle est inscrite sur la liste rouge mondiale de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) avec la statut d’espèce quasi menacée.

Autant de bonnes raisons de l’admirer à l’état sauvage …  et bien se garder de la cueillir !

Quand le soleil est au rendez-vous, la photographie révèlera toute sa beauté.
Et si vous voulez la même dans votre jardin, vous pouvez acheter un pied cultivé dans la plupart des bonnes jardineries.