L’eau, mystère des origines … suite

L’eau est très présente dans la Vallée du Bout du Monde, la rivière Cosanne bien sur mais aussi les nombreuses sources, les ruisselets sous-terrains ou de surface que l’on retrouve en amont sur le plateau, puis en forêts, en bordure de prairies et en creux de vallée. L’eau affleure dans les prés, ravine dans les fossés humides, jusqu’à nos jardins. Elle fait vivre une nature d’une biodiversité unique, feuillus, flore, batraciens, libellules… et elle sous-tend les activités humaines d’élevage et de loisirs de la vallée du Bout du Monde.

En pays calcaire, l’eau emprunte des chemins très divers. Issue des précipitations en amont, elle ruisselle, creuse des vallées superficielles, s’élargit en rivière ou disparait dans le sous-sol pour resurgir plus loin en exsurgences ou en modestes sources.

Dans notre pays calcaire, l’eau apparait d’abord sur le plateau en amont sous l’effet des précipitations. Puis elle se perd et pénètre la roche, n’étant pas retenue par des couche imperméables. Les interstices du calcaire la laissent circuler dans son dédale de fissures, de galeries et de grottes. Elle retrouvera plus loin des couches imperméables marneuses qui la guideront pour déboucher à l’air libre.

La circulation capricieuse de l’eau est à l’origine de l’exsurgence de la cascade du Bout du Monde, la résurgence de la grotte de la tournée, la formation des nombreuses sources de la vallée et des ruisselets secondaires qui descendent du plateau pour alimenter la vallée …et la rivière Cosanne. La rivière Cosanne est typique de l’hydrographie du nord-est de la Bourgogne et permet d’expliquer l’importance des niveaux argileux.

Les couches sédimentaires, tels des mille-feuilles, alternent des niveaux calcaires perméables et des niveaux argilo-marneux plus ou moins étanches. Si les premiers contribuent à marquer profondément les paysages, les seconds jouent un rôle important dans le parcours de l’eau et dans la création de zones humides.
Les eaux de précipitations qui s’écoulent dans les profondeurs du Karst se heurtent à ces planchers imperméables. Elles ressortent sous la forme d’exsurgences, de résurgences, de sources aux débits variés.

La rivière Cosanne prend sa source sur le plateau, au niveau de la fine couche de marnes à petites huitres. L’eau se perd ensuite en grande partie dans le banc de calcaire à entroques, épais de 26m. Le reste franchit la reculée du Bout du Monde en formant la maigre cascade du cul de Ménevault, qui peut grossir soudainement lors des épisodes pluvieux. La rivière reconstituée au pied du cirque continue son cheminement sur les marnes de l’Auxois.

Référence: La Bourgogne – Delachaux & Niestlé

Le mystère des origines de la Cosanne et des nombreuses sources de la Vallée se dévoile. L’eau nait sur le plateau avant de circuler par de multiples chemins dans la vallée.

 

 

La Haute Vallée de la Cosanne, classée Zone Humide

La « Haute Vallée de la Cosanne » dont le territoire s’étend depuis l’amont du cirque du Bout du Monde à Vauchignon, jusqu’en limite d’agglomération de Nolay au Sud, est classée « Zone Humide ».  La classification « Zone Humide » est la reconnaissance du patrimoine naturel fragile et incomparable de la vallée.

L’inventaire des zones humides de Bourgogne constitue un outil d’alerte en faveur du maintien de zones particulièrement fragiles, sous la gestion de la DREAL Bourgogne.

Une zone humide, c’est quoi?

Dans les milieux humides, l’eau est le facteur déterminant tant pour le fonctionnement de ces zones naturelles que pour la vie animale et végétale. La submersion des terres, la salinité de l’eau (douce, saumâtre ou salée) et la composition en matières nutritives de ces territoires subissent des fluctuations journalières, saisonnières ou annuelles. Ces variations dépendent à la fois des conditions climatiques, de la localisation de la zone au sein du bassin hydrographique et du contexte géomorphologique (géographie, topographie).

Selon le code de l’environnement en France, les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année». (Art.L211-1).

Les zones humides sont des écotones, espaces de transition entre la terre et l’eau, qui remplissent diverses fonctions leur conférant des valeurs biologiques, hydrologiques, économiques et sociologiques remarquables :

Des fonctions biologiques :
Les zones humides sont des milieux de vie remarquables pour leur biodiversité.
De nombreuses espèces végétales et animales y sont inféodées : en France métropolitaine, bien qu’elles ne couvrent que 3 % du territoire, elles hébergent un tiers des espèces végétales remarquables ou menacées, la moitié des espèces d’oiseaux et la totalité des espèces d’amphibiens et de poissons. Ce sont des lieux d’abri, de nourrissage et de reproduction pour de nombreuses espèces, indispensables à la reproduction des batraciens. Elles constituent des étapes migratoires, des lieux de reproduction ou d’hivernage pour de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques et de poissons.

Des fonctions hydrologiques :
Les zones humides participent à la régulation du débit des cours d’eau (atténuation des crues, prévention des inondations et soutien d’étiage). Leur capacité de stocker et de restituer progressivement de grandes quantités d’eau, permet l’alimentation des nappes d’eau souterraines et superficielles. En favorisant l’épuration grâce à leur riche biocoenose, elles participent à la préservation de la qualité de l’eau.

Des fonctions économiques :
Des zones humides dépendent de nombreuses activités économiques, telles l’élevage, l’aquaculture, la pêche ou la production d’osier, de sel ou de tourbe.

Des fonctions sociales et culturelles :
De par leur grande qualité paysagère, les zones humides sont des lieux de détente, de découverte et de loisirs, propices à de nombreuses activités récréatives, telles la navigation, la chasse ou la pêche de loisir.

Référence: Wikipedia – Zone Humide

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Ces différentes caractèristiques sont bien présentes dans notre Vallée, et méritent toute notre attention pour préserver la qualité du territoire sous ses différents aspects, une biodiversité fragile et remarquable, les activités humaines qui font vivre la vallée, comme le tourisme vert très actif grâce aux nombreux visiteurs attirés par la tranquilité et la beauté du site, beauté de la nature et caractère préservé.

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                                  Zone Humide « La Haute Vallée de la Cosanne »                                                             cartographie du ministère de l’environnement
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Zone Humide « La Haute Vallée de la Cosanne »  – Bout du Monde  (zoom)                         cartographie du Ministère de l’Environnement

Contes et légendes de Saint-Martin

Saint Martin a traversé toute la Bourgogne et plus particulièrement la Côte-d’Or, semant au passage et non sans humour quelques bonnes légendes qui font partie du patrimoine populaire, croyant ou non croyant.

Ce que nous dit une légende de la commune de Cormot-Vauchignon…

Un jour le bon saint se dirige vers le val de Vauchignon. Il avance dans la vallée où deux roches en saillie sur la falaise représentent les deux redoutables génies des cours d’eau: un géant et sa compagne, géante comme lui, tous deux placés en sentinelle. Le saint est alors attaqué par toute une horde de paiens prévenus de sa venue par les deux génies. Toutes les issues sont fermées. Poursuivi par ses ennemis, il se voit à bout de forces, acculé dans le cercle infranchissable. « Je suis perdu » se dit-il et il invoque Dieu à son secours. A ce moment, la masse rocheuse tremble et se casse en plusieurs morceaux avec fracas ce qui permet au saint de se sauver en les escaladant. Ces rochers portent le nom d’Autel et Flambeaux de Saint Martin. On dit que le saint pour remercier le ciel de l’avoir secouru aurait dit une messe sur ces rochers. Voyant cela Satan recula et se jetta dans une caverne. L’âne du saint aurait, dit la légende, fait un bond extraordinaire qui le porta de cet endroit à Bel Air. On peut voir, à Cormot, sur une roche, l’empreinte de l’un de ses sabots. 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là…

Un jour, bien après toutes ces péripéties, saint Martin est de retour dans la région. Satan n’est pas rancunier et l’attend au bord de la route pour lui proposer de faire la paix. Pour marquer l’événement ils décident d’acheter en commun un champ , mais comme dans cette région les terrains sont plus que tarabiscotés le premier va prendre ce qui pousse au dessous et l’autre ce qui pousse au-dessus! Ils achètent donc un champ de raves. Mais seules les racines de la rave se mangent et le diable qui se croyait le plus malin avait choisi le dessus! S’apercevant de sa bévue, sous un prétexte futile, il demande à saint Martin de changer et opte cette fois, sûr de lui, pour le dessous. Un nouveau champ est acheté. Seulement il est planté de choux-raves et Satan est encore perdant. Il s’enfuit sans demander son reste. 

Source:
Recueil de légendes et de croyances populaires de Côte-d’Or par Patrice Vachon
Editions de l’Arche d’Or

 

Le Cirque du Bout du Monde, un site classé et protégé

Le « Cirque du Bout du Monde » est classé en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Différents espaces et espèces remarquables sont répertoriés sur son territoire, qui justifient la mise en place et le maintien de nombreuses mesures de protection et de conservation.

Le Cirque du Bout du Monde est un site CLASSE par la loi de 1930 – site n°52

Site désigné NATURA 2000 au titre de deux directives, la directive HABITAT et la directive OISEAUX

  • PELOUSES ET FORETS CALCICOLES DE LA COTE ET ARRIERE COTE DE BEAUNE
    Zone Spéciale de Conservation – directive HABITAT 
  • ARRIERE COTE DE DIJON ET DE BEAUNE
    Zone de Protection Spéciale – directive Oiseaux

Le site fait l’objet de deux Arrêtés préfectoraux de Protection de Biotopes ou APB
Site de Reproduction du Faucon Pélerin et Site à Hiboux Grand Duc

La Vallée de la Cosanne, depuis l’amont du Cirque du Bout du Monde et jusqu’à la commune de Cormot-Vauchignon font partie de l’Inventaire des Zones Humides de la Bourgogne, gérées par la Direction Régionale de l’Environnement.

Le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne (CEN), association loi 1901, intervient pour protéger et valoriser des espaces naturels sensibles. Au Cirque du Bout du Monde, la Combe Renaud fait l’objet en particulier d’actions de protection et de gestion par le Conservatoire.

D’autres espaces naturels sensibles sont également valorisés, à proximité du Cirque du Bout du Monde, que ce soit dans toute l’arrière Côte de Beaune ou dans la Vallée de la Cosanne. C’est la reconnaissance d’un patrimoine naturel unique et très diversifié sur tout le territoire environnant.

…et l’occasion de découvrir toutes les richesses naturelles de la Vallée et de ses environs dans de prochains articles.

Pour en savoir plus:

ZNIEFF 260005938 – CIRQUE DU BOUT DU MONDE
publié par l’INPN Inventaire National du Patrimoine National

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Cirque du Bout du Monde                             cartographie du Ministère de l’Environnement

Le Cirque du Bout du Monde, un site classé

Le Cirque de Bout du Monde est un site CLASSE par la loi de 1930 de protection des monuments naturels et des sites.

site-classeQu’est-ce qu’un site classé ?

La loi du 2 mai 1930, aujourd’hui reprise dans le Code de l’environnement, s’intéresse aux monuments naturels et aux sites «dont la conservation ou la préservation présente au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général » (articles L 341 et suivants)

  • L’objectif est de conserver les caractéristiques du site en le préservant de toute atteinte à l’esprit des lieux. Un site classé ne doit pas être confondu avec un monument historique.
  • La présence d’un site classé sur un territoire lui apporte une notoriété nationale et contribue à la qualité du cadre de vie des habitants.
  • Les sites sont généralement signalés dans les guides et cartes touristiques et sont reconnaissables au logo ci-dessus

Pour en savoir plus: DREAL Bourgogne

Il s’agit d’une protection de niveau national dont l’objectif est la conservation d’un espace naturel, rural ou plus rarement bâti, quelle que soit son étendue d’intérêt patrimonial en tant que monument naturel ou  » site  » à caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque.

Le classement implique le maintien des caractères du site ayant justifié la protection. Il doit permettre de poursuivre des activités qui participent à l’identité du site et à sa conservation.

Le classement d’un site crée une servitude d’utilité publique, qui s’impose aux propriétaires et constitue une limite au droit de propriété. Toute modification de l’état ou de l’aspect d’un site classé est interdite sans autorisation spéciale délivrée par le ministre ou le préfet de département. En site classé sont interdits : la création de campings et le stationnement de caravanes, la publicité.

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   Cirque du Bout du Monde       cartographie du Ministère de l’Environnement

Une richesse à partager

Les nombreux chemins de randonnées qui parcourent notre vallée permettent aux amoureux de la nature de découvrir de magnifiques points de vue mais aussi une faune et une flore très variées.

Cette richesse écologique est dûe à de multiples facteurs:

Tout d’abord la grande diversité des milieux: villages, rivière, bocage, friches, vignes, bois de feuillus, bois de résineux, falaises, prairies sèches et cultures en champs ouverts.
Au relief, avec un plateau calcaire sec et un fond de vallée marneux plus humide.
Au climat, plutôt continental l’hiver et plutôt méditerranéen l’été.
Et enfin à sa position géographique en bordure du plateau de la Côte d’Or, près de la ligne de partage des eaux entre les bassins versants Rhône et Loire, sur les voies migratoires entre l’Allemagne et l’Espagne.

Ainsi concernant les oiseaux et à l’heure où cet article est écrit, il a été recensé 136 espèces pour la seule commune de Cormot-Vauchignon. Un chiffre qui augmente légèrement si l’on inclut les communes voisines, notamment Baubigny sur laquelle plusieurs espèces rares voire exceptionnelles ont été observées ces dernières années. Bien sûr, cette richesse écologique se retrouve aussi sur d’autres taxons. Pour la découvrir? Rien de plus simple. Une bonne paire de chaussures, un guide d’identification adequat, un peu d’attention et éventuellement une bonne paire de jumelles.

N’hésitez pas à partager vos découvertes en les saisissant sur une base participative de notre région. Elles permettont d’améliorer les connaissances sur la faune et la flore locales.

Bourgogne Nature : http://www.bourgogne-nature.fr
LPO Côte d’Or :         http://www.oiseaux-cote-dor.org

 

 

La Cosanne, mystère des origines…

La rivière Cosanne garde sa part de mystère et son point de départ reste aujourd’hui inconnu. Est-ce la cascade de Ménevault à l’extrémité du cirque du Bout du Monde, ou bien la grotte de la Tournée aussi nommée « trou de l’Oreille » légèrement en aval?

Selon la légende…

Au fond de la grotte d’où sort la Cozanne, un bloc de roche recouvre l’entrée d’un abime sans fond. Si on avait l’audace de le soulever un flot d’eau jaillirait qui inonderait toute la vallée. Dans cette caverne, se promène une belle Ondine qui se déplace dans un dédale souterrain secret, allant d’une source à l’autre, jusqu’à celle de l’Ouche. (a)

Suivant l’exemple de notre belle Ondine, une équipe de spéléologues expérimentés de Pommard, Le Creusot, Dijon et Seurre s’est attaquée au mystère de la grotte et des origines de la Cosanne en 1996. A 108m de l’entrée de la grotte, ils explorent un premier siphon et remontent une cheminée qui leur permet d’atteindre un premier accès non exploré de 127m de long, passent un 2nd siphon et poursuivent l’exploration dans une cavité rétrécie de 115m de long, toujours en ligne droite. Arrivés là, il n’est plus possible pour un homme de poursuivre son parcours, les spéléologues font demi tour et s’extraient de la cavité (b). La localisation précise de la source ou plutôt des différentes sources de la Cosanne garde tout son mystère.

Mystère à suivre dans un prochain article..  En attendant et prudence oblige, l’accès à la grotte du trou de l’Oreille et à ses siphons est réservé aux seuls spéléologues expérimentés.

(a) référence: recueil de légendes et de croyances populaires de Côte-d’Or – Patrice Vachon
(b) référence: archives du comité départemental de spéléologie et de canyonisme de Côte d’Or.

Au fil de la rivière Cosanne

La rivière Cosanne qui coule dans la Vallée prend sa source sur le plateau en amont de Vauchignon. Après avoir franchi la reculée du Bout du Monde en formant la cascade du cul de Ménevault, la Cosanne traverse successivement les communes de Cormot-Vauchignon, Nolay, Change, Paris-l’Hôpital, Sampigny-lès-Maranges, et Cheilly-les-Maranges.

La Cosanne se jette ensuite en rive gauche de la Dheune, cette dernière venant à son tour grossir la Saône. La rivière Cosanne a une longueur totale de 14,5 km.

La rivière est régie par l’Agence de l’Eau du bassin Rhône-Méditerranée.

Référence utiles:

Sandre – fiche cours d’eau La Cosanne

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Le savez vous ?

La Vallée du Bout du Monde en Côte d’Or doit son nom à une « reculée » ou échancrure dans un plateau calcaire constituant un type de Vallée très caractéristique. Le Bout du Monde est la plus célèbre « reculée » de Bourgogne et s’achève par le cirque du Bout du Monde à Vauchignon, avec ses spectaculaires falaises rocheuses taillées par la rivière Cosanne dans le calcaire à l’époque tertiaire et qui culminent à 530mètres d’altitude à son point le plus haut.

Les paysages de la Vallée du Bout du Monde et de ses environs sont typiques de l’arrière-Côte et regroupent une grande diversité de milieux sur une aire de quelques km2 seulement : la rivière Cosanne et les nombreuses sources de la Vallée, les falaises calcaires de Vauchignon et de Cormot, les pelouses sèches de hauts de falaises, les forêts de la combe, sans oublier les vignes sur les côtes ensoleillées, les pâturages et les villages installés en bord de rivière.

Une diversité magnifique et fragile, et avec elle, tout son cortège d’espèces animales et sa flore. La Vallée est belle et il fait bon y vivre ou la visiter, protégeons la !