L’oiseau des steppes

Oedicneme vol

S’il est un oiseau symbolique de notre plateau calcaire c’est bien l’œdicnème criard. Sa description est presque aussi étrange que son nom : de la taille d’un pigeon, un plumage gris-brun pour le camouflage dans l’herbe sèche ou sur la terre nue, de longues pattes jaunes pour courir dans la végétation rase, un bec puissant et deux énormes yeux jaunes, eux aussi, qui semblent disproportionnés.

Ce limicole recherche les vastes Oecnideme criardétendues dégagées où il peut repérer les prédateurs à distance.  A l’approche de ces derniers, notre oiseau peut appliquer deux stratégies différentes. Soit il s’enfuit en courant ce qui a pour effet d’attirer le prédateur loin de la nichée. Soit il se plaque au sol pour se fondre totalement dans le paysage.

De mœurs crépusculaires, notre oiseau repère à la vue (d’où la taille importante des yeux) et au bruit ses proies sur lesquelles il se précipite à grandes enjambées. Ce mode de chasse nécessite silence et pénombre, deux éléments qu’il trouve, là encore, sur ce plateau semi-désertique.

Ce migrateur revient de ses quartiers d’hiver en mars. La première ponte a généralement lieu en avril et il est courant qu’elle soit suivie d’une seconde ponte au début de l’été. Courant septembre, il arrive que le couple local soit rejoint par d’autres individus venus d’ailleurs. Le départ sera dicté par la disparition des proies, en octobre.

S’il existait encore une dizaine de couples il y a trente ans dans le secteur de Nolay, la population actuelle n’est plus que d’un ou deux couples. La raison principale de cette baisse des effectifs tient à la modification de l’usage agricole. Les « chaumes » qu’ils affectionnent n’offrent que peu de rendement pour les agriculteurs et sont, de fait, souvent abandonnées se transformant ainsi en friches. Beaucoup ont d’ailleurs été reconverties par les municipalités en bois de résineux. Les zones de cultures présentent aussi moins d’intérêt pour l’oiseau du fait de la multiplication depuis quelques années des champs de colza.

L’avenir de cette espèce dans notre région passe donc par la préservation des dernières prairies calcaires typiques de l’arrière-côte. C’est pour protéger, entre autres, notre « courlis de terre » comme on le surnomme couramment dans la région, que la zone Natura  2000 Arrière côte de Dijon et de Beaune (FR 2612001 pour les intimes) a été mise en place.

Oedicneme champs

réponse au Quiz: grenouille ou crapaud?

Quelle est la différence entre une grenouille et un crapaud ?
Quiz du 17 février 2017

grenouille ou crapaud suiteBravo pour votre participation ! Les deux bonnes réponses sont la 2 et la 4

réponse 2: La grenouille a une silhouette fine et peut faire de grands sauts grâce à ses pattes de derrière, tandis que le crapaud est plutôt dodu et préfère marcher au sol, sa peau est souvent couverte de verrues

réponse 4:  grenouilles et crapauds ont des chants très différents: coassements sonores ou ronronnements, chacun sa musique

Et non, les grenouilles ne sont pas les femelles des crapauds! c’était trop simple.

Et la grenouille peut être terrestre, à l’exemple de la grenouille rousse de la Vallée. Elle rejoint un point d’eau pour se reproduire, avant de s’éclipser à nouveau en forêt ou tout autre milieu terrestre hospitalier. voir l’article publié sur notre site le 2 mars à ce sujet.

A bientôt pour un prochain Quiz !

Les grues cendrées migrent … direction Nord-Est

Vol de grues en VGuettez le ciel en ce moment et quand les conditions météorologiques sont favorables, vous aurez peut-être la chance de voir les grues cendrées en vol migratoire au-dessus de la vallée. Peut-être les repèrerez-vous d’abord à leurs cris de ralliement, avant même de les voir en vol, leurs « grou grou » perçants et nasillards s’entendent de loin, parfois à plusieurs kilomètres !

Le 4 mars, un petit groupe composé de 8 grues cendrées est resté quelques minutes en survol du cirque du bout du monde à Vauchignon, avant de poursuivre sa migration vers l’est.

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La grue cendrée est l’un des plus grands oiseaux d’Europe avec ses 2m à 2,4m d’envergure. Son plumage, comme son nom l’indique, est de couleur gris-cendre avec des plumes noires sur les rémiges secondaires. Quand elle est au repos dans les champs, on peut observer la tache rouge au-dessus de sa tête, qui résulte simplement de l’absence de plume et à l’irrigation sanguine.

Mais c’est en vol que le spectacle est  le plus impressionnant. Les grues forment souvent de très grands groupes dans le ciel, en formation en V,  cous et pattes tendues dépassant à l’arrière. C’est un vol lent et puissant, elles peuvent voler sur de très longues distance et très haut en altitude. Elles parcourent 40 à 80km/h en moyenne et, si les vents sont porteurs et puissants, elles peuvent se déplacer à plus de 100km/h et traverser la France en une journée. Le groupe est guidé par un individu, qui une fois fatigué, permute sa place avec un ou une congénère.

La France est un important pays d’accueil non seulement pour les migratrices en halte mais aussi pour les hivernantes qui vont passer 6 mois en France. Les principaux sites fréquentés par les grues sont la Lorraine (Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle) et la Champagne humide (Lac du Der et étangs périphériques, Lacs de la Forêt d’Orient) pour le nord-est de la France, le grand centre de la France (Cher, Nièvre, Indre, Allier), la Gironde (Captieux) et les Landes (Arjuzanx) pour le sud-ouest. Ces sites se situent directement sur l’axe principal de migration. Les populations qui hivernent en France sont d’environ 100 000 à 120 000 individus.

Les grues qui ont passé l’hiver en Champagne quittent les sites progressivement, le plus souvent dès la fin janvier. Les grues en provenance d’Aquitaine migrent autour du 25 février. Puis c’est au tour des grues d’Espagne dont le pic de migration se situe le plus souvent autour du 1er mars. La migration est rapide sauf si les conditions de migration se dégradent (fort vent de nord-est, pluie…). Les adultes n’ont en effet qu’une idée en tête, rejoindre les sites de reproduction le plus rapidement possible, pour prendre les meilleures places et commencer a nicher tôt. Les grues qui hivernent ou transitent par la France nichent essentiellement en Suède, Finlande, Allemagne du Nord et Pologne.

La chasse et l’assèchement des zones humides ont éliminé les populations nicheuses de toute la moitié sud de l’Europe (dont la France) entre 1880 et 1965. L’espèce est protégée en France depuis 1967.

La migration des grues est surveillée par de nombreux ornithologues et naturalistes tout au long de leurs chemins de vol. Si vous avez la chance de voir ces grands oiseaux en migration au-dessus de vos têtes, vos observations sur le portail régional de la LPO seront très utiles.

En cliquant sur le lien ci-dessous
LPO Côte d’Or

Festival Nature le 11 & 12 mars : partez sur la piste des migrateurs !

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La LPO Côte d’Or organise un Festival Nature le week-end prochain les 11 et 12 mars à Morey-Saint-Denis (21). Au programme: deux jours pour découvrir les migrateurs, du plus petit au plus grand, à plumes, à poils ou à écailles !

Le programme est riche, avec beaucoup de manifestations pour les enfants et les familles: ateliers participatifs, festival, expositions, espace jeunesse, balades nature…
Venez nombreux !

Cliquez sur le lien (ci-dessous) pour en savoir plus sur le programme du Festival et très bon Week-End !

Festival Nature 11 & 12 mars

En forêt, le réveil de la grenouille rousse

frog-pictureDes températures nocturnes plus douces et la pluie qui revient… C’est bientôt l’heure du réveil d’un petit peuple secret à la fin de l’hiver. Avec le redoux (au minimum 4°C en soirée) et avec la pluie, crapauds, grenouilles et tritons redeviennent actifs et se rendent dans leurs milieux aquatiques d’origine pour se reproduire. C’est une renaissance périlleuse et un exploit. Pendant des mois, la grenouille a résisté au gel cachée sous une litière de feuille, une souche d’arbre ou en s’envasant dans le fond d’un ruisseau. En hiver, sa température corporelle peut descendre jusqu’à presque 0°C. La respiration pulmonaire s’arrête et le coeur ne bat plus qu’une ou deux fois par minute.

Dans notre région, la grenouille rousse est la plus précoce en février. C’est une terrestre qui vit une existence secrète dans les milieux humides, bois (ornières des chemins forestiers, mares), dépressions prairiales, terres cultivées, parcs et jardins. Résistante au froid, c’est aussi une alpiniste qui apprécie les régions de montagne et le nord-est de la France. Dans notre vallée, les forêts de feuillus et les reliefs humides de la Vallée du Bout du Monde offrent un bon gîte pour l’espèce.

A son réveil, la grenouille rousse a une mission qui la guide irrésistiblement dans une seule et unique direction: le point d’eau où elle est née, pour à son tour se reproduire. C’est la migration prénuptiale, une migration qui relève de l’exploit pour ce petit animal aux capacités de locomotion limitées. Pour rejoindre les points d’eau, les grenouilles migrent en masse la nuit, en empruntant pour beaucoup le même chemin,  quitte à franchir des surfaces encore enneigées, des routes bitumées et des obstacles multiples, sur une distance pouvant atteindre 2km dans un sens puis dans l’autre.

Pour la guider dans son chemin migratoire, la vue et l’ouie lui sont de peu de secours. Heureusement la grenouille a d’autres sens qui nous échappent: elle est sensible à la position des astres ainsi qu’au magnétisme terrestre. Et surtout, elle a mémorisé le parfum unique du point d’eau dans lequel elle a baigné en tant que tétard. Car chaque plan d’eau (mare, fossé, une ornière humide en forêt ou dans un pré) dégage une odeur particulière selon la chimie et les êtres vivants qui le peuplent.

Arrivée à son point d’eau, il faut ensuite occuper le terrain, se reproduire avec ses congénères et pondre une énorme quantité d’oeufs … en espérant que l’un d’eux survive aux prédations à l’état de tétard et, avec beaucoup beaucoup de chances, se transforme à son tour en grenouille. Dès sa ponte terminée, notre discrète grenouille rousse s’éclipse pour retourner à sa vie humide et secrète en forêt… jusqu’au printemps suivant.

Références: la Salamandre – La revue des curieux de nature
Un dossier complet à lire dans le numéro 238 de la Salamandre (février-mars 2017)
la Salamandre Junior pour les 8-12 ans pour apprendre en s’amusant et découvrir la vie incroyable de ces animaux. salamandrejunior.net

SOS grenouilles !
En Bourgogne, 16 espèces d’amphibiens différentes sont recensées mais toutes ces espèces subissent un important déclin. Les amphibiens sont très fragiles et menacés. Les principales raisons de leur déclin en France sont la dégradation et la disparition de leurs habitats de reproduction, les zones humides.

Très sensibles à la pollution, leur peau est très perméable aux polluants et aux pathogènes.

Avec le morcellement du territoire, il est fréquent qu’ils soient contraints de traverser des routes. Cette traversée leur est bien souvent fatale. Avec les problèmes de pollution et la disparition de leurs habitats, les populations d’amphibiens sont déjà gravement menacées. Les écrasements routiers viennent encore aggraver ce phénomène. Face au danger qui pèse sur les amphibiens, plusieurs structures développent depuis de nombreuses années des actions de sauvetage et des programmes de suivis sur toute la Bourgogne. Pour conjuguer les efforts et mutualiser les connaissances, un groupe de travail nommé SOS Amphibiens Bourgogne a été créé en 2012. Sur le site www.bourgognenature.fr, le programme « SOS Amphibiens » vous communique les dernières informations sur les actions de sauvegarde.

Vous pouvez ainsi venir en aide aux batraciens dans notre région à travers le groupe SOS Amphibiens.
-être attentif aux éventuels sites d’écrasements que les batraciens peuvent rencontrer
-rapporter ses observations sur le site http://www.bourgogne-nature.fr
-assister  le groupe sur le terrain

SOS Amphibiens Bourgogne

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des Hulottes en hiver

Ou… ouh h-h-h-h    Ou… ouh h-h-h-h
image-chouetteLes cris de deux chouettes hulottes résonnent dans la nuit en ce milieu de mois de février. Que peuvent-elles se dire?

La chouette hulotte est l’un des rapaces nocturnes de notre région les plus faciles à repérer de nuit, principalement par son hululement caractéristique qui lui a valu son surnom de chat-huant. C’est le chant de la chouette par excellence qui est connu de tous. Et pour l’histoire, c’est le cri de ralliement des chouans pendant leur révolte au XVIIIe siècle,  ils contrefaisaient le cri de la hulotte pour s’avertir et se reconnaître.

La chouette hulotte nous est familière, elle ne dédaigne pas la proximité des hommes et c’est réciproque: Habile à chasser souris et rats qui provoquent des dégâts dans les stocks de grains, c’est l’amie des fermiers.

En cette saison, les couples sont déjà formés depuis l’automne, la femelle hulotte a choisi son site de ponte, en général un vieil arbre creux ou bien un trou de pic ou encore une cavité dans le rocher, et elle a pondu pendant l’hiver (en février, parfois plus tôt) de 2 à 5 oeufs qu’elle va couver pendant un mois. Plus tard, elle restera encore une douzaine de jours au nid pour couvrir les poussins après éclosion et partager la nourriture. Le mâle se charge de l’approvisionnement en proies, le plus souvent des campagnols et des mulots mais il s’adapte très bien aux conditions locales en variant son régime si besoin: autres petits mammifères ou oiseaux, insectes, vers de terre…

Dommage qu’il soit si difficile de la voir de jour, c’est un bel oiseau de 35 à 45cm de longueur, le plumage de teinte uniforme rousse-grise, avec de grands yeux noirs dans une belle tête ronde.  Dans notre région, la chouette hulotte est un oiseau généralement sédentaire et casanier. Les adultes d’éloignent rarement de plus d’1,5km de leur site de reproduction, guère plus de 10km pour les jeunes à la recherche de territoire.

La chouette hulotte fait partie des espèces protégées au niveau national.
Pour l’aider, on peut éviter d’abattre les vieux arbres, dont les cavités constituent un habitat de prédilection pour la chouette hulotte.
La pose de nichoirs entre 6 et 10 m de haut, dans les forêts, les bois, les bocages, les parcs ou les grands jardins arborés peut aussi lui être utile.

Naissance à suivre le mois prochain donc !

Références:
les rapaces de Bourgogne – Edition par l’Aile Brisée
Portail ONF – Connaissez-vous la forêt