L’anthyllide des montagnes, petite princesse des pelouses rocheuses

 

L’anthyllide des montagnes (anthyllis montana) est une plante des montagnes du Sud de l’Europe, Alpes et Pyrénées surtout, mais aussi les Causses, les Cévennes et jusque dans les montagnes du Maghreb. Elle pousse en touffes rases dans les rochers et  les terrains herbeux des montagnes calcaires. C’est une plante de plein soleil qui apprécie les terrains pauvres et secs. Là où elle se plait, en terrain clair et dégagé de tous arbustes, l’anthyllide des montages forme des essaims qui gazonnent sur les pelouses rocailleuses jusqu’à 1500 à 1600 mètres d’altitude.

La plante à sa base est couchée et ligneuse comme pour mieux résister au vent d’altitude et à la sécheresse. Ses fleurs de couleur rose à rouge à pleine maturité, s’épanouissent au sommet de tiges de 10 à 20 cm en jolies têtes terminales, en dégageant un parfum de framboises.  Ses feuilles sont vertes claires et velues, finement découpées en 8 à 15 paires de folioles égales.

En Bourgogne, l’anthyllide des Montagnes est rare, victime de la fermeture des milieux herbacés, de l’installation d’espèces arbustives, et du piétinement. Quelques populations isolées subsistent sur les hauteurs des plateaux calcaires encore préservés. La plante est protégée et inscrite sur la liste des espèces déterminantes de l’inventaire ZNIEFF (1).

ZNIEFF (1) Zones Naturelles d’intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique.
Les ZNIEFF ont pour objectif la connaissance permanente aussi exhaustive que possible des espaces naturels, terrestres et marins, dont l’intérêt repose soit sur l’équilibre et la richesse de l’écosystème soit sur la présence d’espèces de plantes rares et menacées.

La dentaire pennée, à l’ombre des grands hêtres

 

La dentaire pennée tapisse en ce moment la forêt hêtraie-chênaie du Bout du Monde, côté ubac au plus frais. Avec ses gracieuses fleurs blanches-rosées perchées sur ses hautes tiges de 50 cm environ, et ses feuilles à sept folioles, c’est une fleur caractéristique du site que l’on admire à l’ombre des grands arbres.

Plante vivace de la famille des brassicacées (crucifères), elle vit presque toujours dans les hêtraies préservées et le plus souvent en montagne de 300 à 1600 mètres d’altitude.

En Bourgogne, elle est rare. Ses populations, inféodées aux forêts froides de ravin, sont fragiles. La plante est déterminante pour l’inventaire ZNIEFF (1).

La dentaire pennée est assez caractéristique et localisée pour n’être confondue avec aucune autre espèce. La cardamine des prés, sa cousine, fleurit au même moment dans les prairies humides et ensoleillées de la vallée. Bien plus commune, la cardamine des près est de couleur rose et blanche, elle fait le bonheur des premiers papillons du printemps: aurore, piéride du navet ou piéride du choux, dont elle est la plante-hôte.

ZNIEFF (1) Zones Naturelles d’intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique.

Les ZNIEFF ont pour objectif la connaissance permanente aussi exhaustive que possible des espaces naturels, terrestres et marins, dont l’intérêt repose soit sur l’équilibre et la richesse de l’écosystème soit sur la présence d’espèces de plantes rares et menacées.

L’anémone pulsatille, au soleil des plateaux calcaires

 

L’anémone Pulsatille est l’une des premières fleurs à s’ouvrir au printemps au moindre rayon de soleil.  La plante est typique des plateaux et pelouses sur calcaire, de préférence sur les versants ensoleillés et plutôt secs. Elle ne va pas tarder à éclairer les pelouses sauvages encore préservées dans notre région, avec sa belle robe de couleur rose-violet, et ses tiges à l’aspect duveteux.

Sa fleur est composée de 6 sépales d’un violet profond à l’intérieur, et plus pâles à l’extérieur, recouverts de poils blancs. Après la floraison, la plante reste très gracieuse avec ses fruits en forme d’aigrettes velues, qui s’agitent au moindre coup de vent. Le duvet des graines sera ainsi disséminé par le  vent. C’est d’ailleurs de là que vient son nom : anémone du grec « anemos », le vent, et « pulsatilla » dérivé du verbe latin, battre.

De la famille des renonculacées,  l’anémone est très toxique en cas d’ingestion.

C’est une espèce sensible que l’on observe souvent dans des sites protégés à l’échelle nationale ou européenne.  Elle est inscrite sur la liste rouge mondiale de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) avec la statut d’espèce quasi menacée.

Autant de bonnes raisons de l’admirer à l’état sauvage …  et bien se garder de la cueillir !

Quand le soleil est au rendez-vous, la photographie révèlera toute sa beauté.
Et si vous voulez la même dans votre jardin, vous pouvez acheter un pied cultivé dans la plupart des bonnes jardineries.

La forêt des combes a l’allure montagnarde

Les forêts en Bourgogne sont multiples et très diversifiées. Cette richesse est intimement liée à la diversité des conditions situationnelles présentes en Bourgogne (géologie, climat, topographie et morphologie). Les forêts sont de véritables refuges pour tout un ensemble d’espèces animales, protégées ou non : oiseaux, mammifères, insectes.

Taillées dans un calcaire résistant, le relief abrupt des combes de la Côte et de l’Arrière Côte présentent une grande diversité de milieux naturels : éboulis, rochers, falaises, fourrés et pelouses thermophiles. Les forêts des combes abritent tout particulièrement une grande diversité sur une aire très réduite. Des forêts riches en espèces méridionales et montagnardes se développent sur le versants exposés au sud et au nord.

Un taillis de chênes pubescents encombré de buis recouvre l’adret exposé au sud. Ces bois de chênes blancs ajourés de blocs rocheux et de falaises sont comparables au midi de la France. La pente opposée, exposée au Nord, est le domaine privilégié du hêtre , une essence qui apprécie l’ombre et l’humidité atmosphérique. Le sol épais du fond de vallon, le talweg, permet le maintien d’une forêt linéaire de chênes pédonculés et de frênes.  Le « bout du monde » situé à la naissance de la combe, prend l’aspect d’un ravin où le tilleul à grandes feuilles et plusieurs espèces d’érables plantent leurs racines entre de gros blocs moussus.

La chênaie pédonculée-frênaie de fond de combe est rare car les talwegs sont étroits ou souvent utilisés comme axes de circulation forestiers.  Ce type de forêt se distingue des peuplements contigus des pentes par sa richesse en chênes pédonculés et en frêne, qui indique un sol profond avec de bonnes réserves en eau. La strate herbacée luxuriante abrite des espèces originales comme l’ail des ours ou la nivéole printanière.

La forêt de ravin à tilleuls et érables a des allures montagnardes, dignes des reculées jurassiennes. Des plantes des ravins de montagne, derniers témoins des périodes froides du quaternaire, subsistent encore dans des stations privilégiées, les combes de l’arrière-côte constituant leurs derniers refuges. D’autres plantes comme la dentaire pennée apprécient l’ombre et l’humidité du bout du monde de Vauchignon  Les arbres morts enchevêtrés des combes accentuent encore l’aspect sauvage de ces lieux humides, frais et moussus. Les forêts des combes sont le refuge d’ une faune d’une grande diversité : pic noir, pic épeiche, chouette hulotte, sittelle torchepot, pipistrelle, lucarne cerf-volant…etc. Des arbres inexploités mais indispensables au maintien d’une certaine diversité: Du bois mort pour la vie !

Références: 
CEN Bourgogne - Les Milieux Naturels Forestiers de Bourgogne
La Bourgogne - paysages naurels, faune et flore -Edition Delachaux & Niestlé