Natura 2000, ZPS, ZSC…qu’est-ce que c’est?

Les objectifs d’un réseau européen ambitieuxnatura2000

Le réseau Natura 2000 s’inscrit au coeur de la politique de conservation de la nature de l’Union européenne et est un élément clé de l’objectif visant à enrayer l’érosion de la biodiversité.

Ce réseau mis en place en application de la  Directive « Oiseaux » datant de 1979 et de la Directive « Habitats » datant de 1992 vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés, à forts enjeux de conservation en Europe.

Il est constitué d’un ensemble de sites naturels, terrestres et marins, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces de la flore et de la faune sauvage et des milieux naturels qu’ils abritent.

La structuration de ce réseau comprend :

  • Des Zones de Protection Spéciales (ZPS), visant la conservation des espèces d’oiseaux sauvages figurant à l’annexe I de la Directive « Oiseaux » ou qui servent d’aires de reproduction, de mue, d’hivernage ou de zones de relais à des oiseaux migrateurs ;
  • Des Zones Spéciales de Conservation (ZSC) visant la conservation des types d’habitats et des espèces animales et végétales figurant aux annexes I et II de la Directive « Habitats ».

Ce réseau est issu majoritairement des informations issues des inventaires des zones d’intérêt communautaire pour les oiseaux (ZICO) et des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique  (ZNIEFF).

Au-delà de la mise en œuvre d’un réseau écologique cohérent d’espaces représentatifs, la Directive « Habitats » prévoit :

  • un régime de protection stricte pour les espèces d’intérêt communautaire visées à l’annexe IV ;
  • une évaluation des incidences des projets de travaux ou d’aménagement au sein du réseau afin d’éviter ou de réduire leurs impacts ;
  • une évaluation de l’état de conservation des habitats et des espèces d’intérêt communautaires sur l’ensemble des territoires nationaux de l’Union Européenne (article 17).

Les objectifs 

Ce dispositif européen ambitieux vise à préserver des espèces protégées et à conserver des milieux tout en tenant compte des activités humaines et des pratiques qui ont permis de les sauvegarder jusqu’à ce jour.

La gestion des sites en France

Le réseau français abrite au titre des directives « Habitats et « Oiseaux » :
131 habitats (annexe I de la DH), soit 57% des habitats d’intérêt communautaire
159 espèces (annexe II de la DH), soit 17% des espèces d’intérêt communautaire
123 espèces (annexe I de la DO), soit 63% des oiseaux visés à l’annexe I

Le réseau étant considéré comme stabilisé, les efforts se concentrent désormais vers la gestion des sites pour maintenir le bon état de conservation des habitats et des espèces.

A l’issue d’un processus de concertation entre les différents acteurs locaux, les objectifs et les actions de gestion de chacun des sites Natura 2000 sont définis au sein d’un document d’objectif «DOCOB ». Le DOCOB permet d’harmoniser les pratiques du territoire (agricoles, forestières, sportives…) avec les objectifs de conservation de la biodiversité fixés pour chaque site.

Le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), en tant que Centre national de référence pour la nature (article L 411-5 du Code de l’environnement), intervient et accompagne l’ensemble du processus de mise en œuvre du réseau Natura 2000 et en assure le suivi technique et scientifique.

L’état de conservation des espèces et habitats d’intérêt communautaire est un volet majeur de l’évaluation globale du réseau Natura 2000. Afin de répondre aux engagements de la Directive « Habitats », le Ministère en charge de l’Écologie a confié au MNHN la coordination de l’évaluation périodique de l’état de conservation des habitats et espèces d’intérêt communautaire présents sur le territoire (annexes I, II, IV et V).

Lien: INPN – Programmes Natura 2000

 

la conservation du patrimoine en Bourgogne

ZNIEFF de type 1 - vallée du bout du monde et Environs
Cartographie des Zones ZNIEFF de type 1 – Vallée du Bout du Monde et Environs

 

La conservation du patrimoine naturel en Bourgogne

Depuis 1982, La Direction Régionale de l’Environnement en Bourgogne anime un inventaire permanent des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Naturalistes bénévoles, membres d’associations, universitaires et membres des museums d’histoire naturelle rassemblent leurs connaissances de terrain.  Un inventaire est établi, validé par Conseil scientifique régional du patrimoine naturel, puis par le Museum National d’Histoire Naturelle pour évaluation et intégration au répertoire national.

Cet inventaire sert de base de référence pour toutes les politiques de protection de la nature et doit susciter des précautions en matière d’aménagement du territoire.

Deux types de zones sont répertoriées :

Zone de type 1 : sont des secteurs d’une superficie limitée, caractérisées par leur intérêt biologique remarquable, ou caractéristiques du patrimoine naturel régional ou national. Ces zones sont particulièrement sensibles  aux équipements ou aux transformations, même limitées.

Zone de type 2 : grands ensembles naturels riches et peu modifiés, ou qui offrent des potentialités biologiques importantes.

En Bourgogne, 671 Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique  et Floristique (ZNIEFF) sont répertoriées

   132 926 hectares pour les ZNIEFF de type 1        soit  4% de la superficie en Bourgogne
1 139 877 hectares pour les ZNIEFF de type 2       soit 36% de la superficie en Bourgogne

Référence : Site public DREAL Bourgogne

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Dans notre vallée du bout du monde et dans ses environs, plusieurs espaces naturels sont reconnus ZNIEFF de type 1. Ce sont souvent de petits espaces,  caractéristiques du patrimoine de la Région.

ZNIEFF de type 1 : 260005938 CIRQUE DU BOUT DU MONDE – 462 hectares
http://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/260005938.pdf

ZNIEFF de type 1 : 260030370 PLATEAU DE BEL AIR   – 633 hectares
http://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/260030370.pdf

ZNIEFF de type 1 : 260005940 COTE AU SUD-EST DE BEAUNE – 4774 hectares
http://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/260005940.pdf

ZNIEFF de type 1 : 260020024 PRES DES FONTAINES DE LA LOUCHERE A EPERTULLY – 126 hectares  http://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/260020024.pdf

ZNIEFF de type 1 : 260020044 CARRIERE DU GENETOIS ET RUISSEAU DE BRUYERE A NOLAY – 162 hectares    http://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/260020044.pdf

ZNIEFF de type 1 : 260030009 BOCAGE DE MOLINOT -1129 hectares
http://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/260030009.pdf

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Qu’est qu’une ZNIEFF ?

Les Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) ont pour objectifs la connaissance permanente aussi exhaustive que possible des espaces naturels, terrestres et marins, dont l’intérêt repose soit sur l’équilibre et la richesse de l’écosystème, soit sur la présence d’espèces de plantes ou d’animaux rares et menacées. Les ZNIEFF constituent un inventaire pour la connaissance de la biodiversité régionale et représentent un outil de connaissance scientifique et d’alerte sur les enjeux du patrimoine naturel.

La désignation d’une ZNIEFF repose sur la présence d’espèces ou d’associations d’espèces à fort intérêt patrimonial régional ou national. Ces données naturalistes sont de plus cartographiées via les contours des ZNIEFF. Cette base de connaissance, associée aux contours, sert de base de hiérarchisation des enjeux du patrimoine naturel, permet d’améliorer leur prise en compte avant tout projet, mais aussi d’améliorer la détermination de l’incidence des aménagements sur ces milieux et enfin d’identifier les nécessités de protection de certains espaces fragiles

La forêt des combes a l’allure montagnarde

Les forêts en Bourgogne sont multiples et très diversifiées. Cette richesse est intimement liée à la diversité des conditions situationnelles présentes en Bourgogne (géologie, climat, topographie et morphologie). Les forêts sont de véritables refuges pour tout un ensemble d’espèces animales, protégées ou non : oiseaux, mammifères, insectes.

Taillées dans un calcaire résistant, le relief abrupt des combes de la Côte et de l’Arrière Côte présentent une grande diversité de milieux naturels : éboulis, rochers, falaises, fourrés et pelouses thermophiles. Les forêts des combes abritent tout particulièrement une grande diversité sur une aire très réduite. Des forêts riches en espèces méridionales et montagnardes se développent sur le versants exposés au sud et au nord.

Un taillis de chênes pubescents encombré de buis recouvre l’adret exposé au sud. Ces bois de chênes blancs ajourés de blocs rocheux et de falaises sont comparables au midi de la France. La pente opposée, exposée au Nord, est le domaine privilégié du hêtre , une essence qui apprécie l’ombre et l’humidité atmosphérique. Le sol épais du fond de vallon, le talweg, permet le maintien d’une forêt linéaire de chênes pédonculés et de frênes.  Le « bout du monde » situé à la naissance de la combe, prend l’aspect d’un ravin où le tilleul à grandes feuilles et plusieurs espèces d’érables plantent leurs racines entre de gros blocs moussus.

La chênaie pédonculée-frênaie de fond de combe est rare car les talwegs sont étroits ou souvent utilisés comme axes de circulation forestiers.  Ce type de forêt se distingue des peuplements contigus des pentes par sa richesse en chênes pédonculés et en frêne, qui indique un sol profond avec de bonnes réserves en eau. La strate herbacée luxuriante abrite des espèces originales comme l’ail des ours ou la nivéole printanière.

La forêt de ravin à tilleuls et érables a des allures montagnardes, dignes des reculées jurassiennes. Des plantes des ravins de montagne, derniers témoins des périodes froides du quaternaire, subsistent encore dans des stations privilégiées, les combes de l’arrière-côte constituant leurs derniers refuges. D’autres plantes comme la dentaire pennée apprécient l’ombre et l’humidité du bout du monde de Vauchignon  Les arbres morts enchevêtrés des combes accentuent encore l’aspect sauvage de ces lieux humides, frais et moussus. Les forêts des combes sont le refuge d’ une faune d’une grande diversité : pic noir, pic épeiche, chouette hulotte, sittelle torchepot, pipistrelle, lucarne cerf-volant…etc. Des arbres inexploités mais indispensables au maintien d’une certaine diversité: Du bois mort pour la vie !

Références: 
CEN Bourgogne - Les Milieux Naturels Forestiers de Bourgogne
La Bourgogne - paysages naurels, faune et flore -Edition Delachaux & Niestlé

Du bois mort pour la vie!

La Combe Renaud au Bout du Monde est un espace géré par le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne. C’est un espace sauvage et préservé, les racines des vieux arbres de la forêt retiennent les gros blocs de calcaire moussus arrachés à la falaise. Le soleil pénètre difficilement ses pentes et l’humidité y est reine au printemps. Différentes espèces d’arbres s’accrochent à ses pentes, et une faune variée trouve refuge dans les cavités des vieux arbres ou dans les troncs morts, volontairement conservés pour préserver la biodiversité de la forêt.

Des panneaux d’information aux visiteurs, réalisés par le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne, avec le soutien de la Région et de l’Union Européenne, expliquent l’utilité de ces forêts anciennes.

« du bois mort pour la vie »

Dommage que ces panneaux aient été vandalisés ces derniers jours, un acte ignorant et désolant. Pour votre plaisir, vous trouverez ici la retranscription de l’information du Conservatoire, photographiée dans le courant du mois dernier.

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Des arbres inexploités mais indispensables au maintien d’une certaine diversité

C’est dans les vieilles forêts que la diversité biologique est la plus importante. On estime que 25% des espèces forestières dépendent des arbres âgés, dépérissant ou morts. Elles les utilisent comme abris ou source de nourriture. Ce sont des lichens, mousses ou champignons, mais aussi de nombreux insectes, mollusques, crustacés sans oublier des oiseaux ou des mammifères.

De par les modes d’exploitation forestière actuelle, 40% des organismes liés au bois mort et en décomposition seraient menacés en Europe.

Des espèces souvent méconnues mais fort utiles

Dans les forêts dites « naturelles » composées d’essences autochtones et n’ayant pas connu d’exploitation depuis plus de 50 ans, la décomposition du bois mort grâce aux organismes vivants permettrait le recyclage d’environ un tiers des éléments minéraux disponibles pour les racines des arbres.

Des actions pour rendre un caractère plus naturel à nos forêts

Une exploitation raisonnée des forêts, permet de conserver isolément ou sous forme d’ilots, des vieux arbres et des arbres morts.

Le Conservatoires d’espaces naturels de Bourgogne a choisi de laisser vieillir librement les forêts dont il a la gestion. Aucune intervention, hormis celles liées à la sécurité, n’est envisagée dans ces parcelles.

Conservatoire d’Espaces Naturels de Bourgogne

L’eau, mystère des origines … suite

L’eau est très présente dans la Vallée du Bout du Monde, la rivière Cosanne bien sur mais aussi les nombreuses sources, les ruisselets sous-terrains ou de surface que l’on retrouve en amont sur le plateau, puis en forêts, en bordure de prairies et en creux de vallée. L’eau affleure dans les prés, ravine dans les fossés humides, jusqu’à nos jardins. Elle fait vivre une nature d’une biodiversité unique, feuillus, flore, batraciens, libellules… et elle sous-tend les activités humaines d’élevage et de loisirs de la vallée du Bout du Monde.

En pays calcaire, l’eau emprunte des chemins très divers. Issue des précipitations en amont, elle ruisselle, creuse des vallées superficielles, s’élargit en rivière ou disparait dans le sous-sol pour resurgir plus loin en exsurgences ou en modestes sources.

Dans notre pays calcaire, l’eau apparait d’abord sur le plateau en amont sous l’effet des précipitations. Puis elle se perd et pénètre la roche, n’étant pas retenue par des couche imperméables. Les interstices du calcaire la laissent circuler dans son dédale de fissures, de galeries et de grottes. Elle retrouvera plus loin des couches imperméables marneuses qui la guideront pour déboucher à l’air libre.

La circulation capricieuse de l’eau est à l’origine de l’exsurgence de la cascade du Bout du Monde, la résurgence de la grotte de la tournée, la formation des nombreuses sources de la vallée et des ruisselets secondaires qui descendent du plateau pour alimenter la vallée …et la rivière Cosanne. La rivière Cosanne est typique de l’hydrographie du nord-est de la Bourgogne et permet d’expliquer l’importance des niveaux argileux.

Les couches sédimentaires, tels des mille-feuilles, alternent des niveaux calcaires perméables et des niveaux argilo-marneux plus ou moins étanches. Si les premiers contribuent à marquer profondément les paysages, les seconds jouent un rôle important dans le parcours de l’eau et dans la création de zones humides.
Les eaux de précipitations qui s’écoulent dans les profondeurs du Karst se heurtent à ces planchers imperméables. Elles ressortent sous la forme d’exsurgences, de résurgences, de sources aux débits variés.

La rivière Cosanne prend sa source sur le plateau, au niveau de la fine couche de marnes à petites huitres. L’eau se perd ensuite en grande partie dans le banc de calcaire à entroques, épais de 26m. Le reste franchit la reculée du Bout du Monde en formant la maigre cascade du cul de Ménevault, qui peut grossir soudainement lors des épisodes pluvieux. La rivière reconstituée au pied du cirque continue son cheminement sur les marnes de l’Auxois.

Référence: La Bourgogne – Delachaux & Niestlé

Le mystère des origines de la Cosanne et des nombreuses sources de la Vallée se dévoile. L’eau nait sur le plateau avant de circuler par de multiples chemins dans la vallée.

 

 

La Haute Vallée de la Cosanne, classée Zone Humide

La « Haute Vallée de la Cosanne » dont le territoire s’étend depuis l’amont du cirque du Bout du Monde à Vauchignon, jusqu’en limite d’agglomération de Nolay au Sud, est classée « Zone Humide ».  La classification « Zone Humide » est la reconnaissance du patrimoine naturel fragile et incomparable de la vallée.

L’inventaire des zones humides de Bourgogne constitue un outil d’alerte en faveur du maintien de zones particulièrement fragiles, sous la gestion de la DREAL Bourgogne.

Une zone humide, c’est quoi?

Dans les milieux humides, l’eau est le facteur déterminant tant pour le fonctionnement de ces zones naturelles que pour la vie animale et végétale. La submersion des terres, la salinité de l’eau (douce, saumâtre ou salée) et la composition en matières nutritives de ces territoires subissent des fluctuations journalières, saisonnières ou annuelles. Ces variations dépendent à la fois des conditions climatiques, de la localisation de la zone au sein du bassin hydrographique et du contexte géomorphologique (géographie, topographie).

Selon le code de l’environnement en France, les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année». (Art.L211-1).

Les zones humides sont des écotones, espaces de transition entre la terre et l’eau, qui remplissent diverses fonctions leur conférant des valeurs biologiques, hydrologiques, économiques et sociologiques remarquables :

Des fonctions biologiques :
Les zones humides sont des milieux de vie remarquables pour leur biodiversité.
De nombreuses espèces végétales et animales y sont inféodées : en France métropolitaine, bien qu’elles ne couvrent que 3 % du territoire, elles hébergent un tiers des espèces végétales remarquables ou menacées, la moitié des espèces d’oiseaux et la totalité des espèces d’amphibiens et de poissons. Ce sont des lieux d’abri, de nourrissage et de reproduction pour de nombreuses espèces, indispensables à la reproduction des batraciens. Elles constituent des étapes migratoires, des lieux de reproduction ou d’hivernage pour de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques et de poissons.

Des fonctions hydrologiques :
Les zones humides participent à la régulation du débit des cours d’eau (atténuation des crues, prévention des inondations et soutien d’étiage). Leur capacité de stocker et de restituer progressivement de grandes quantités d’eau, permet l’alimentation des nappes d’eau souterraines et superficielles. En favorisant l’épuration grâce à leur riche biocoenose, elles participent à la préservation de la qualité de l’eau.

Des fonctions économiques :
Des zones humides dépendent de nombreuses activités économiques, telles l’élevage, l’aquaculture, la pêche ou la production d’osier, de sel ou de tourbe.

Des fonctions sociales et culturelles :
De par leur grande qualité paysagère, les zones humides sont des lieux de détente, de découverte et de loisirs, propices à de nombreuses activités récréatives, telles la navigation, la chasse ou la pêche de loisir.

Référence: Wikipedia – Zone Humide

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Ces différentes caractèristiques sont bien présentes dans notre Vallée, et méritent toute notre attention pour préserver la qualité du territoire sous ses différents aspects, une biodiversité fragile et remarquable, les activités humaines qui font vivre la vallée, comme le tourisme vert très actif grâce aux nombreux visiteurs attirés par la tranquilité et la beauté du site, beauté de la nature et caractère préservé.

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                                  Zone Humide « La Haute Vallée de la Cosanne »                                                             cartographie du ministère de l’environnement
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Zone Humide « La Haute Vallée de la Cosanne »  – Bout du Monde  (zoom)                         cartographie du Ministère de l’Environnement

des Hulottes en hiver

Ou… ouh h-h-h-h    Ou… ouh h-h-h-h
Les cris de deux chouettes hulottes résonnent dans la nuit en ce milieu de mois de février. Que peuvent-elles se dire?

La chouette hulotte est l’un des rapaces nocturnes de notre région les plus faciles à repérer de nuit, principalement par son hululement caractéristique qui lui a valu son surnom de chat-huant. C’est le chant de la chouette par excellence qui est connu de tous. Et pour l’histoire, c’est le cri de ralliement des chouans pendant leur révolte au XVIIIe siècle,  ils contrefaisaient le cri de la hulotte pour s’avertir et se reconnaître.

La chouette hulotte nous est familière, elle ne dédaigne pas la proximité des hommes et c’est réciproque: Habile à chasser souris et rats qui provoquent des dégâts dans les stocks de grains, c’est l’amie des fermiers.

En cette saison, les couples sont déjà formés depuis l’automne, la femelle hulotte a choisi son site de ponte, en général un vieil arbre creux ou bien un trou de pic ou encore une cavité dans le rocher, et elle a pondu pendant l’hiver (en février, parfois plus tôt) de 2 à 5 oeufs qu’elle va couver pendant un mois. Plus tard, elle restera encore une douzaine de jours au nid pour couvrir les poussins après éclosion et partager la nourriture. Le mâle se charge de l’approvisionnement en proies, le plus souvent des campagnols et des mulots mais il s’adapte très bien aux conditions locales en variant son régime si besoin: autres petits mammifères ou oiseaux, insectes, vers de terre…

Dommage qu’il soit si difficile de la voir de jour, c’est un bel oiseau de 35 à 45cm de longueur, le plumage de teinte uniforme rousse-grise, avec de grands yeux noirs dans une belle tête ronde.  Dans notre région, la chouette hulotte est un oiseau généralement sédentaire et casanier. Les adultes d’éloignent rarement de plus d’1,5km de leur site de reproduction, guère plus de 10km pour les jeunes à la recherche de territoire.

La chouette hulotte fait partie des espèces protégées au niveau national.
Pour l’aider, on peut éviter d’abattre les vieux arbres, dont les cavités constituent un habitat de prédilection pour la chouette hulotte.
La pose de nichoirs entre 6 et 10 m de haut, dans les forêts, les bois, les bocages, les parcs ou les grands jardins arborés peut aussi lui être utile.

Naissance à suivre le mois prochain donc !

Références:
les rapaces de Bourgogne – Edition par l’Aile Brisée
Portail ONF – Connaissez-vous la forêt

Contes et légendes de Saint-Martin

Saint Martin a traversé toute la Bourgogne et plus particulièrement la Côte-d’Or, semant au passage et non sans humour quelques bonnes légendes qui font partie du patrimoine populaire, croyant ou non croyant.

Ce que nous dit une légende de la commune de Cormot-Vauchignon…

Un jour le bon saint se dirige vers le val de Vauchignon. Il avance dans la vallée où deux roches en saillie sur la falaise représentent les deux redoutables génies des cours d’eau: un géant et sa compagne, géante comme lui, tous deux placés en sentinelle. Le saint est alors attaqué par toute une horde de paiens prévenus de sa venue par les deux génies. Toutes les issues sont fermées. Poursuivi par ses ennemis, il se voit à bout de forces, acculé dans le cercle infranchissable. « Je suis perdu » se dit-il et il invoque Dieu à son secours. A ce moment, la masse rocheuse tremble et se casse en plusieurs morceaux avec fracas ce qui permet au saint de se sauver en les escaladant. Ces rochers portent le nom d’Autel et Flambeaux de Saint Martin. On dit que le saint pour remercier le ciel de l’avoir secouru aurait dit une messe sur ces rochers. Voyant cela Satan recula et se jetta dans une caverne. L’âne du saint aurait, dit la légende, fait un bond extraordinaire qui le porta de cet endroit à Bel Air. On peut voir, à Cormot, sur une roche, l’empreinte de l’un de ses sabots. 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là…

Un jour, bien après toutes ces péripéties, saint Martin est de retour dans la région. Satan n’est pas rancunier et l’attend au bord de la route pour lui proposer de faire la paix. Pour marquer l’événement ils décident d’acheter en commun un champ , mais comme dans cette région les terrains sont plus que tarabiscotés le premier va prendre ce qui pousse au dessous et l’autre ce qui pousse au-dessus! Ils achètent donc un champ de raves. Mais seules les racines de la rave se mangent et le diable qui se croyait le plus malin avait choisi le dessus! S’apercevant de sa bévue, sous un prétexte futile, il demande à saint Martin de changer et opte cette fois, sûr de lui, pour le dessous. Un nouveau champ est acheté. Seulement il est planté de choux-raves et Satan est encore perdant. Il s’enfuit sans demander son reste. 

Source:
Recueil de légendes et de croyances populaires de Côte-d’Or par Patrice Vachon
Editions de l’Arche d’Or

 

Les busards Saint-Martin font le spectacle à la chaume Bel-Air

Cet après midi, les busards Saint-Martin font le spectacle à la chaume Bel-Air.

D’abord un mâle au plumage clair gris-blanc très caractéristique, avec la pointe des ailes noire. Il survole la chaume à faible hauteur, les ailes très relevées, magnifique spectacle! C’est un spécialiste de la chasse des petits rongeurs, et il montre ici sur la chaume toute son élégance et sa virtuosité.

Il est bientôt rejoint par un deuxième individu, c’est une femelle ! Les ailes de teinte nuancée brun-roux sur le dessus, claire sur le dessous, la tête bien dessinée et l’allure fière des rapaces. Rapide, elle vole au ras des herbes de la chaume, plonge en applatissant ses ailes, pique au sol avant de ressortir pour explorer un fouillis d’herbes un plus loin. Elle aussi est en chasse et fait le spectacle sur la chaume Bel-Air.

Le Busard Saint-Martin est un magnifique rapace, un peu plus petit que la buse variable. Mâle ou femelle, il impressionne par sa beauté, sa vaillance, son allure svelte et fière, qui ne laissent jamais indifférent.

On ne se lasse pas de ce spectacle rare et fugace, en espérant le revoir très vite sur la chaume Bel-Air!

Le Busard Saint-Martin fréquente tous les milieux ouverts à végétation peu élevée qu’il inspecte sans cesse à la recherche de proies en volant à un ou deux mètres de hauteur. Les champs, les prairies et les friches basses constituent ses terrains de chasse de prédilection, suivies des landes, des coupes forestières et des marais ouverts à prairies humides ou à cariçaies. Actuellement en France, le Busard Saint-Martin se reproduit en majorité dans les milieux cultivés (blé et orge d’hiver). Cependant, certaines régions accueillent encore une majorité de couples dans des milieux naturels encore préservés (Bourgogne, Rhône-Alpes, Morbihan).

La population européenne est estimée entre 22 000 et 31 000 couples, les effectifs les plus importants étant situés en Russie (15 000-20 000 couples), en Finlande (2 000-4 000 couples) et en France (7 800-11 200 couples). Trois principales menaces peuvent affecter la population nicheuse de Busard St Martin : la première est la perte des habitats naturels, comme la disparition de vastes surfaces de landes; les travaux agricoles sont la deuxième menace quand le busard fait son nid en milieux de culture, ils occasionnent la perte d’un grand nombre de nichées atteignant jusqu’à 80% certaines années. La troisième menace concerne la diminution des disponibilités alimentaires, notamment en milieu cultivé. La population hivernante est également menacée par la régression continue des prairies et des friches.

La surveillance des busards est une action que la LPO Mission Rapaces a débuté il y a environ 25 ans. La surveillance des busards est particulièrement complexe. En effet, alors que la plupart des rapaces nichent en hauteur (arbres, falaises), les busards ont pour spécificité de nicher au sol, et sans construire d’aire. Ce qui veut dire qu’ils nichent chaque année à un endroit différent, qu’il faut à chaque fois rechercher ! De plus, la disparition de leurs milieux d’origine (prairies herbeuses et marécageuses) conduit ces rapaces à nicher dans les champs de céréales (et autres). La moisson, devient alors tout le problème des busards. Leur seul secours : la collaboration entre les agriculteurs responsables et les ornithologiques souvent bénévoles. Ceux de la LPO mais aussi de toutes les associations de protection de la nature et de tous les particuliers, qui, en France, luttent sans relâche pour la préservation de ce magnifique rapace.

Références:

observatoire-rapaces LPO.fr
LPO COTE d’OR  – Mission rapaces

Le Cirque du Bout du Monde, un site classé et protégé

Le « Cirque du Bout du Monde » est classé en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Différents espaces et espèces remarquables sont répertoriés sur son territoire, qui justifient la mise en place et le maintien de nombreuses mesures de protection et de conservation.

Le Cirque du Bout du Monde est un site CLASSE par la loi de 1930 – site n°52

Site désigné NATURA 2000 au titre de deux directives, la directive HABITAT et la directive OISEAUX

  • PELOUSES ET FORETS CALCICOLES DE LA COTE ET ARRIERE COTE DE BEAUNE
    Zone Spéciale de Conservation – directive HABITAT 
  • ARRIERE COTE DE DIJON ET DE BEAUNE
    Zone de Protection Spéciale – directive Oiseaux

Le site fait l’objet de deux Arrêtés préfectoraux de Protection de Biotopes ou APB
Site de Reproduction du Faucon Pélerin et Site à Hiboux Grand Duc

La Vallée de la Cosanne, depuis l’amont du Cirque du Bout du Monde et jusqu’à la commune de Cormot-Vauchignon font partie de l’Inventaire des Zones Humides de la Bourgogne, gérées par la Direction Régionale de l’Environnement.

Le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne (CEN), association loi 1901, intervient pour protéger et valoriser des espaces naturels sensibles. Au Cirque du Bout du Monde, la Combe Renaud fait l’objet en particulier d’actions de protection et de gestion par le Conservatoire.

D’autres espaces naturels sensibles sont également valorisés, à proximité du Cirque du Bout du Monde, que ce soit dans toute l’arrière Côte de Beaune ou dans la Vallée de la Cosanne. C’est la reconnaissance d’un patrimoine naturel unique et très diversifié sur tout le territoire environnant.

…et l’occasion de découvrir toutes les richesses naturelles de la Vallée et de ses environs dans de prochains articles.

Pour en savoir plus:

ZNIEFF 260005938 – CIRQUE DU BOUT DU MONDE
publié par l’INPN Inventaire National du Patrimoine National

n2000-cirque-du-bout-du-monde
Cirque du Bout du Monde                             cartographie du Ministère de l’Environnement